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Chronologie documentée de la campagne diffamatoire contre la Professeure Carla Rossi

Préambule

Préambule

Entre 2022 et 2024, le nom de la Professeure Carla Rossi — historienne de l’art, philologue romaniste et spécialiste de la reconstruction de manuscrits démembrés — a été au centre d’une campagne de diffamation numérique sans précédent.

Cette campagne est apparue après plusieurs signalements adressés aux autorités italiennes concernant la circulation de manuscrits démembrés et de feuillets provenant de collections publiques. Parmi les dossiers les plus significatifs figure celui du manuscrit E.V.5 de la Bibliothèque Nationale Universitaire de Turin, dont trois feuillets enluminés furent volés en 1979 avant de réapparaître sur le marché international.

Ces trois feuillets furent proposés lors de ventes Sotheby’s à Londres en 2013 puis en 2015. Dans le catalogue de la vente du 7 juillet 2015, les notices descriptives furent rédigées par Peter Kidd, alors spécialiste associé à cette vente et collaborateur régulier du marché des manuscrits médiévaux. Les feuillets furent présentés comme des objets de collection autonomes alors qu’ils provenaient d’un manuscrit conservé dans une bibliothèque publique italienne.

Les trois feuillets furent finalement récupérés par le Commandement des Carabiniers pour la Protection du Patrimoine Culturel et restitués à la Bibliothèque Nationale Universitaire de Turin en 2018.

Quelques années plus tard, après que Carla Rossi eut attiré l’attention des autorités sur plusieurs cas de manuscrits démembrés et de feuillets circulant sur le marché international, Peter Kidd devint l’un des principaux animateurs de la campagne de dénigrement dirigée contre la chercheuse et contre le centre de recherche RECEPTIO.

La succession chronologique de ces événements soulève des questions légitimes. L’identification de feuillets volés, leur présence sur le marché international, le rôle joué par certains intermédiaires dans leur commercialisation, les signalements adressés aux autorités compétentes et l’apparition ultérieure du « ReceptioGate » appartiennent à une même histoire, documentée par des catalogues de vente, des publications scientifiques, des archives institutionnelles et des documents judiciaires.

L’Organisation pour la Protection des Manuscrits Médiévaux (OProM) propose ici une présentation factuelle de cette chronologie et des documents qui permettent de la reconstituer.

1. Le silence comme vide interprétatif

Dans le paysage actuel, dominé par Twitter/X, les blogs d’opinion et la viralité des contenus, le choix de ne pas répondre publiquement est souvent — à tort — interprété comme une réticence ou un aveu.
En réalité, la position de la Prof. Rossi s’est toujours appuyée sur une démarche rigoureuse : recourir exclusivement à des documents officiels, des outils juridiques et des actes vérifiables.
Cependant, dans le vide informationnel des réseaux sociaux, l’absence est souvent comblée par des projections subjectives. Des profils falsifiés à son nom ont même été créés pour alimenter ces narrations fictives.

2. La continuité professionnelle perçue comme suspecte

Pendant la période de pression maximale, la carrière de Carla Rossi ne s’est pas interrompue :
– elle a reçu de nouvelles charges d’enseignement (dont un cours d’Histoire de la miniature à l’Université du Salento)
– elle a publié des livres et articles (par exemple The 1879 Theft of Royal MS 16 E VIII, 2024)
– elle a poursuivi ses activités éditoriales et scientifiques.
Pour certains, cette continuité a été interprétée comme une protection implicite. Il s’agit d’un paradoxe logique bien connu sous le nom de dissonance cognitive : lorsque la réalité contredit l’attente d’un « effondrement », on cherche des explications alternatives — souvent infondées.

3. La domination des narrations virales

De nombreuses accusations envers Carla Rossi ont circulé avant même toute lecture ou vérification de documents officiels.
Quelques exemples :
• la fin normale de son contrat avec l’Université de Zurich a été présentée comme une « exclusion »
• des affiliations publiques et documentées ont été qualifiées de « fausses »
• l’utilisation d’images d’archives pendant la pandémie, dans un contexte de ressources numériques limitées, a été dépeinte comme une « tromperie systémique »
Tous ces éléments ont été sortis de leur contexte et amplifiés par la viralité.
Le choix de Rossi de ne pas répondre de manière performative sur les réseaux a consolidé une narration unilatérale, bien que la documentation réelle soit — et reste — publiquement disponible.

4. Le contexte académique et les biais systémiques

Dans un environnement universitaire marqué par la compétition et le clientélisme, l’indépendance peut susciter des hostilités.
Dans ce cas, le refus de la collègue d’entrer dans des compromis, allié à la direction autonome de projets scientifiques, a déclenché des mécanismes d’exclusion et de délégitimation.
Le fait d’être une femme, directrice, voix critique et publique, a renforcé ces dynamiques : la diffamation s’est déguisée en « vigilance éthique », devenant en réalité un outil d’effacement.

OProM souhaite rétablir les faits sur des bases documentées.

Le prétendu « ReceptioGate » — terme diffamatoire inventé dans des milieux hostiles — ne concerne aucun scandale réel. Il est le produit d’une distorsion alimentée par des acteurs extra-académiques, des stratégies de rivalité et de désinformation.

Carla Rossi, depuis plus de trente ans, mène des recherches, des actions de protection et de dénonciation des pratiques de démembrement des manuscrits enluminés. Son engagement repose sur la rigueur philologique, les preuves matérielles et la transparence scientifique.

1. Origine de la recherche

• 1996 : Carla Rossi commence, de manière autonome, à étudier la dispersion et le démembrement des manuscrits enluminés.
• Depuis 2006 : ses recherches prennent la forme d’un projet scientifique indépendant — sans financement institutionnel — visant à documenter la circulation de feuillets dispersés et à promouvoir leur reconstruction.

2. La plainte au TPC et la publication sur AboutArt

• Août 2022 : première plainte formelle auprès des Carabiniers pour la Protection du Patrimoine Culturel (TPC)
• Octobre 2022 : mémoire complémentaire transmise au TPC
• 20 décembre 2022 : publication sur AboutArt de l’article signé Rossi :
→ Manuscrits médiévaux européens à prix cassés sur le web

3. Réaction des mis en cause et naissance de la distorsion

• 22 décembre 2022 : la Société d’Histoire de la Miniature (Naples) diffuse l’article de Rossi, contenant les références à la plainte, via sa mailing list publique.
• 23 décembre 2022 : Peter Kidd, marchand de manuscrits et auteur du blog Medieval Manuscripts Provenance (sans affiliation académique), publie un premier post contenant des affirmations fausses et des insinuations.

4. Autres articles publiés sur AboutArt

• Un incunable rarissime de la Commedia mis en pièces et revendu sur eBay
• Le livre d’heures Madruzzo démantelé et mis en vente
• Le livre d’heures de la famille Guyot
• Les Heures Whitney

5. Activité académique et continuité (2023–2025)

📚 Publications

  • Isabelle Boursier's Book of Hours, Cambridge Scholars Publishing, 2024

  • La philologie au service de l’histoire du manuscrit W425 de Baltimore, Theory and Criticism of Literature & Arts, 8/2, 2024

  • Digital Reconstruction of a Dismembered Book of Hours Illuminated by Robert Boyvin, Cambridge Scholars Publishing, 2024

  • The 1879 Theft of Royal Ms 16 E VIII from the British Museum, Cambridge Scholars Publishing, 2024

  • Beyond the Margins: Female Illuminators in Medieval and Renaissance Europe, Ethics International Press, 2024

  • Desiderio e Interdizione, Alta Formazione Editrice, 2025

  • Medusa-Donna Petra-Francesca, Theory and Criticism of Literature & Arts, 2025

  • Il laccio d’amore H&M, Imago Srl, 2025

  • Miniatrici Fiamminghe, Imago Srl, 2025

  • Desiderio e Interdizione (édition augmentée), 2025

🎤 Conférences et séminaires

  • Le Dante de Jorge Luis Borges, SISD Lugano, 2023

  • L’anglo-normand comme vecteur de résistance chez les dames de l’entourage de Thomas Becket, Fontevraud, octobre 2024

  • Saint Jean androgyne, Lugano, 18 mai 2024

  • La Femme / Les Femmes chez Dante, Université de Barcelone, octobre 2024

  • Biblioclastie à but lucratif, séminaire, 2025

  • Présentation du commentaire du Ms. 198 de la Guarneriana, juin 2025

🏛️ Charges académiques

  • 2023–2024 : enseignement à l’Université du Salento (Histoire de la miniature)

  • Depuis 2023 : direction du SISD (Séminaire International d’Études Dantesques)

  • Depuis 2024 : direction de l’ISFiDa (Institut d’Estudis Filològics i Dantescos)

  • Depuis 2023 : codirection de la collection Biblioclasm and Digital Reconstructions, Cambridge Scholars Publishing

📎 Soutiens explicites

Lettres et attestations : www.oprom.eu/fns

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